mardi 21 juin 2016

ELBEUF. Depuis plusieurs années, une structure dédiée au repérage de la violence faite aux femmes officie au service des urgences du CHI.



Une équipe de professionnels sensibilisés.


L'hôpital reste un lieu de passage privilégié pour les victimes de violence. Elles y viennent soit au détour d'un épisode de violence, soit pour une pathologie découlant de celle-ci. Depuis 2010, le Centre hospitalier intercommunal Elbeuf-Louviers/ Val de Reuil (CHI) site d'Elbeuf, compte, dans son service des urgences, une structure qui vise à proposer aux victimes de violence, une écoute et un accompagnement adaptés. Dénommée EMHAVI (Equipe mobile hospitalière d'aide aux victimes de violences), elle est la seule en France et fait figure de référence. "Cette réponse est née d'un constat en 2008 qu'une réponse adaptée n'était alors pas fournie" témoigne le docteur Benoît Brousse, responsable du service des urgences et l'un des instigateurs du projet. "A l'issue de groupes de travail, nous avons décidé de créer cette cellule, qui a été validée par un comité de pilotage et porté depuis  par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), la direction de l'hôpital et, bien sûr, le service des urgences". Les objectifs résident dans l'optimisation du repérage des victimes de violences conjugales lors de leur passage dans le service, les accueillir au sein  d'une équipe pluridisciplinaire médico-psycho-sociale et faire en sorte qu'elles soient, dans la mesure du possible, protégée et soustraites du partenaire violent. Adriane Boutan, assistante sociale coordinatrice et Sandrine Lefebvre, psychologue clinicienne font partie de ce dispositif et reconnaissent que c'est "un combat de tous les jours, pas toujours évident et ancré dans la durée". Car la violence, souvent faites aux femmes, découle d'un processus "l'emprise" dont il est ardu de les en faire sortir. "L'aide que nous apportons ne pourrait exister sans l'implication des équipes médicales concernées" remarque Sandrine Lefebvre, "c'est pourquoi, ici, les équipes hospitalières sont sensibilisées à la problématique violence conjugale. C'est très chronophage mais c'est le passage obligé ainsi que la participation aux réseaux locaux de partenaires concernés, afin de faciliter les relais". En 2015, près de 200 cas de violences de ce type ont été identifiés aux urgences d'Elbeuf mais, ainsi que le souligne Adriane Boutan, "c'est sans compter ceux qui sont passés hors des heures ouvrables (week-end) ou celles qui nous ont été cachées par les victimes elles-mêmes…".

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